Après la fin de la Coupe du monde, Enduro United veut reconstruire l’enduro mondial

En deux mois, l’enduro mondial a explosé.
Et il est déjà en train de se reconstruire.
Le 19 août, Warner Bros. Discovery et l’UCI ont annoncé que 2026 serait la dernière saison de la Coupe du monde d’enduro. Le lendemain, Crankworx dévoilait sa propre série mondiale. Et le 14 octobre, c’est Enduro United qui présentait son projet dans un communiqué : l’Enduro MTB World Tour, prévu dès 2027.
Une Coupe du monde qui n’a pas tenu
Il faut se rendre à l’évidence, l’enduro n’a jamais trouvé sa place dans le circuit Coupe du monde.
Plus de 20 équipes étaient engagées en 2024. Il n’en restait que cinq cette année (Singletracks).
Une discipline difficile à filmer, des courses qu’on ne savait pas où regarder selon les pays, des sponsors qui se retirent les uns après les autres. Quatre saisons sous bannière UCI après dix ans d’Enduro World Series, et c’est terminé.
Restent les Championnats du monde. Ceux de 2026 viennent de se courir à Finale Ligure, ceux de 2027 auront lieu chez nous, en Haute-Savoie, avec Morillon et le Grand Massif parmi les sites retenus. Une course, un maillot arc-en-ciel, mais plus de saison autour.

Deux projets en deux mois
Pour moi, l’arrêt de la Coupe du monde a fait exploser le petit monde de l’enduro. Mais ce qui se passe depuis montre que le sport entre dans une vraie phase de structuration.
Crankworx a dégainé le premier, moins de 24 heures après l’annonce. Leur série promet un retour aux racines (aventure, fête, participation pour tous) et le Canadian Open Enduro de Whistler est déjà au programme.
Avec Enduro United, on voit arriver une organisation portée par des Européens, qui vise plus haut : devenir la voie officielle vers les Championnats du monde.
Des gens qui connaissent la maison
Derrière Enduro United, il y a des noms que vous connaissez si vous suivez En Roue Libre.
Enrico Guala a cofondé l’Enduro World Series et créé le Superenduro en Italie. Alex Balaud, ancien pilote et multiple vainqueur des Enduro Series françaises, connaît la discipline de l’intérieur. Les deux sont passés au micro d’En Roue Libre.
Ludovic Henry et Adrian Greiner complètent l’équipe. Ils s’appuient sur un comité de pilotage international, avec des représentants d’Amérique du Nord, d’Océanie et d’Europe, qu’ils comptent élargir.
Enrico résume bien l’esprit du projet : pour lui, l’enduro reste la course qui ressemble le plus à la façon dont la plupart d’entre nous roulent en VTT.
Et ils ont déjà un soutien de poids : Tracy Moseley, championne du monde de DH et d’enduro, salue l’idée d’un vrai parcours qui mène des courses locales jusqu’aux Championnats du monde.
Ce qu’on sait du projet
Le nom Enduro MTB World Tour est provisoire. Le reste du communiqué donne une direction claire :
- un calendrier 2027 en Europe et en Amérique du Nord, entre sites historiques et nouvelles destinations
- un dialogue avec l’UCI pour relier les courses locales et les séries nationales aux Championnats du monde
- une gouvernance ouverte, avec six groupes consultatifs : athlètes, sites, industrie, communauté, médias et séries nationales
- un financement à construire avec des partenaires de l’industrie, e-enduro compris
Alex Balaud vise une première ébauche de calendrier avant fin novembre.
Il manque encore le budget, le nombre de manches et surtout la façon dont les courses seront diffusées. C’est pourtant là que la Coupe du monde a trébuché.
Et maintenant ?

Deux circuits internationaux pour un marché qui ne faisait plus vivre que cinq équipes, ça pose question.
Selon Vojo, les manches Enduro United pourraient être classées C1 par l’UCI, contre C3 pour Crankworx. Rien n’est confirmé, mais ça changerait beaucoup pour la carrière des pilotes. Alex Balaud, lui, parle de complémentarité plutôt que de concurrence.
Les destinations, les marques et les équipes vont devoir faire des choix. C’est là qu’on verra comment tout cela se structure au niveau mondial.
Je vais suivre ça de près.
Et vous, vous misez sur quel circuit ?



